Groupe de travail académique “direction d’école”

Deux heures et demi de bavardages totalement déconnectés des préoccupations des directeurs ! Aucune revendication satisfaite.

Sur ordre de Blanquer et dans une volonté de « gouvernance » académique sous l’autorité des recteurs, s’est tenu jeudi 27 novembre de 17 h à 19h30 un “groupe de travail” direction d’école intitulé « groupe Blanchet 1er degré ».

Ce nom n’a été donné au hasard : il s’agit d’une référence au «groupe de travail Blanchet » existant dans le second degré et réunissant les représentants des personnels de direction, dans un contexte où le ministre Blanquer cherche à faire passer en force la loi Rilhac de mise en place « d’emploi fonctionnel de directeur », première marche vers le statut de directeur.

Il s’agit dans ce type de réunion d’une volonté d’intégration des organisations syndicales à la «gouvernance » ministérielle du type Grenelle.

En effet, les PE, comme l’ensemble des corps de la Fonction Publique, disposent de délégués du personnel et d’instances représentatives issues des élections professionnelles, en particulier les CAPD.

Alors pourquoi le gouvernement exige des recteurs et dès IA-DASEN qu’ils réunissent des « groupes de travail » en même temps qu’il détruit les CAPD ( et les CHSCT) dans le cadre de sa réforme de la Fonction publique ?

Parce que l’objectif avoué est d’avoir un échange « responsable » entre gens «responsables » et surtout de ne pas parler des sujets qui fâchent et donc des revendications.

Le SNUDI-FO, comme syndicat indépendant, n’a pas accepté de mettre ses revendications dans sa poche ; vous pouvez lire notre déclaration liminaire ci-dessous.

Pour le reste, l’ordre du jour étant tellement en décalage avec la réalité, avec la vie quotidienne des directeurs… nous avons refusé de cautionner cette caricature de discussion.

Nous avons seulement fait remarquer à la Rectrice, comme membres des CHSCT (la délégation FO était composée d’Yvan Moquette, membre du CHSCT académique, et d’Hélene Nizou, membre du CHSCT d’Indre et Loire) que les directeurs étaient à bout, épuisés tant physiquement que psychologiquement, et que nous l’alertions une fois de plus sur les risques de burn-out de nos collègues.

Nous appelons tous les enseignants des écoles à s’organiser pour résister, pour défendre notre statut et les garanties réglementaire qui en découlent.

Ne restez pas isolés : contactez-nous pour toute question, toute démarche, en nous écrivant à fo-snudi@wanadoo.fr

GROUPE DE TRAVAIL DU 26 NOVEMBRE 2020 / DIRECTION D’ECOLE : DECLARATION LIMINAIRE

Sur la forme : nous reprenons ici ce que nous avons déjà écrit à Madame la rectrice : nous sommes favorables à un groupe de travail du CTA comme tous les autres groupes de travail et non à une « concertation » sur la direction d’école qui s’inscrit dans la méthode du « Grenelle ».

Nous ne sommes pas des directeurs associés à une « réflexion » sur l’avenir de la direction d’école; nous sommes des délégués syndicaux mandatés sur des revendications par nos collègues.

Sur le fond : nous reprenons là aussi ce que nous avons déjà dit, en particulier dans les CHSCT : un an après le suicide de Christine Renon, dire que les conditions de travail des directeurs d’école se dégradent d’année en année relève d’un doux euphémisme tant les mesures ministérielles les placent constamment en première ligne au sein d’une Ecole Publique mise à mal et les accablent sans cesse de nouvelles tâches.

Le Grenelle du ministre répond-il aux revendications exprimées par les directeurs, notamment en termes de décharges de service et d’amélioration financière ?

Décharges : le SNUDI-FO ne cautionnera pas la répartition des miettes !

Le ministère avait convoqué un nouveau groupe de travail ce 24 novembre. Il a confirmé que seulement 600 Equivalents Temps Plein (ETP) seraient consacrés à l’amélioration des quotités de décharge. Une goutte d’eau… il en faudrait au moins dix fois plus !

Il y a différents scenarii, différentes hypothèses pour quelques améliorations à la marge dont seront privés la majorité des directeurs, sachant que la sacro-sainte enveloppe de 600 ETP reste inextensible ! Pour le SNUDI-FO, ces 600 ETP ne constituent donc pas un premier pas (d’autant plus que rien ne garantit que l’augmentation des quotités de décharge de direction se poursuive dans les années à venir) mais bien une réponse largement insuffisante par rapport aux revendications des directeurs !

Le SNUDI-FO ne choisira pas d’opposer les personnels les uns aux autres en participant à la répartition des miettes de décharges que le ministre daigne accorder aux directeurs au bord de la rupture.

Le SNUDI-FO confirme au contraire sa revendication d’augmentation significative des quotités de décharge pour toutes les écoles avec allègement des tâches.

Indemnités : des piécettes dont nous ne nous satisferons pas !

Alors que par leur mobilisation les personnels hospitaliers ont obtenu une augmentation indiciaire de 183€ pour tous, contraignant le ministère de la Santé à lâcher près de 8 milliards d’€, le ministre Blanquer consacre lui 400 millions d’€ aux plus de 1 million de personnels de l’Education Nationale avec son Grenelle dont… 21 millions pour les directeurs. Cette année, chaque directeur percevra une prime de 450€ brut sur sa paye de novembre ou décembre 2020 ce qui correspond à environ 1 HS et demi par mois. Le SNUDI-FO a regretté que cette aumône concerne l’indemnitaire et non pas l’indiciaire , ce qui aurait été plus profitable aux personnels pour le montant de leur pension. Pour le SNUDI-FO, on est loin du compte ! Plus que jamais, le SNUDI-FO maintient sa revendication : plus 100 points d’indice pour tous les directeurs tout de suite !

Il est clair qu’avec ces mesurettes, avec son Grenelle, le ministre Blanquer n’a rien entendu, n’a rien compris de la colère qui monte depuis longtemps, qui est exacerbée depuis la rentrée du 2 novembre, chez les directeurs d’école.

Par contre, il entend bien utiliser la proposition de loi Rilhac qui voudrait transférer une partie des compétences des IEN (ceux-ci étant voués à disparaître) vers les directeurs d’école et faire des conseils d’école des instances désormais décisionnaires, afin d’avancer vers un statut de directeur, dans des écoles devenues autonomes et soumises à toutes les pressions locales.

Le SNUDI-FO n’entend pas être la courroie de transmission d’un Grenelle qui s’apparente d’un côté à une fausse revalorisation de l’autre à une vraie remise en cause de notre statut national, de nos missions et du fonctionnement de l’Ecole Publique.

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